Visioconférence Histoire de l'aérogare d'Orly

Le 19/12/2023 de 18h00 à 19h30

Conférences

Lieu

Sur Zoom et sur Youtube en direct

le 19 décembre à partir de 18 heures donnée par Paul Damm. Elle est organisée par le GIACRE en association avec le groupe Ile de France de la 3AF.

Le lien de la visioconférence sur zoom est :

https://us02web.zoom.us/j/7630769089?pwd=QjE3MVRpakR6TUVyVUdYbkRJRDhKZz09

L'ID de la réunion est 763 076 9089 et le mot de passe est giacre.

Elle sera diffusée en direct sur la chaine YouTube du GIACRE:

https://www.youtube.com/@giacre/streams

Elle sera ensuite disponible dans une playlist de la chaine:

https://www.youtube.com/@giacre/playlists

L’aéroport d’Orly est inauguré par le général de Gaulle le 24 février 1961. La nouvelle aérogare en verre et en acier, qui enjambe la Nationale 7 et présente aux automobilistes venant de Paris une façade vitrée bleue et jaune de 200 mètres, frappe les esprits par son architecture résolument moderne. L’aéroport devient immédiatement le monument le plus visité de France : on y va en famille voir les avions. Les terrasses d’Orly chantées par Bécaud font partie du décor de la France des années 60, qui aspire à la modernité.
Une page de l’histoire de l’aviation se tourne : Orly accueille les nouveaux avions de lignes à réactions, les jets. Caravelles, Boeing 707 et Douglas DC-8 remplacent définitivement les avions à hélices et font entrer le transport aérien dans une nouvelle ère, celle de la vitesse et du transport de masse.

Paul Damm est chef de la mission mémoire de la direction générale de l'aviation civile (DGAC). Il est diplômé de Sciences po et conservateur en chef du patrimoine. Dans son emploi précédent à la région Ile de France il s'est investi dans un travail de recherche sur l'histoire d'Orly qui a donné lieu à la rédaction d'un ouvrage publié par la région en 2020.

Cet ouvrage est disponible aux éditions Lieux-dits.

 

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Architecte et ingénieur, Henri Vicariot, le concepteur de l’aérogare, embrasse volontairement le style international. Il est très infl uencé par Ludwig Mies van der Rohe avec lequel il correspond. Il effectue, dans les années 1950, avec les dirigeants de l’Aéroport de Paris, une série de voyages aux États-Unis. Il y découvre à cette occasion les dernières réalisations issues du Mouvement moderne. Ces voyages ont une infl uence déterminante sur les choix qu’il fait à Orly. La façade en mur-rideau du terminal Sud (aujourd’hui Orly 4*) est quasiment une citation mot à mot du Lever House* de New York (Skidmore, Owings & Merrill, 1951-1952), qui l’a durablement marqué.

Le 15 octobre 1955 intervient un événement qui va changer le cours de l’histoire de l’aviation civile. Juan Trippe, le président de la Pan Am, annonce la commande de 25 DC 8 et de 20 B 707. Les compagnies concurrentes suivent la Pan Am et, six mois plus tard, environ deux cents avions à réaction sont en construction. Cette nouvelle prend de court les concepteurs d’aéroports. Ces nouveaux appareils plus gros, plus lourds, plus puissants que les avions à hélices bouleversent le gabarit général des installations au sol. En mai 1956, l’Association du transport aérien international (IATA) tient une conférence technique à San Remo pour envisager les problèmes opérationnels posés par les jets.
L’Aéroport de Paris, qui a déjà lancé le chantier du Grand Orly, doit adapter l’Avant-Projet de 1947 au gabarit de ces nouveaux avions. On suspend la réalisation des trois principales pistes est-ouest, trop courtes et pas assez larges pour les jets. L’Avant-Projet est modifié : on ne retient qu’une seule piste, la piste no 3, dont la longueur est portée à 3 300 m.

Vicariot réunit, pour les Installations Terminales, une équipe composée des meilleurs talents de l’atelier de Gascoin, comme Joseph-André Motte, et de créateurs confirmés comme Jean Prouvé, André Renou, Jean-Pierre Génisset. Tous s’attachent à créer des aménagements fonctionnels. Ils montrent à Orly que le fonctionnalisme se conjugue aisément avec une mise en scène décorative moderne savamment agencée et colorée, économe de tout mauvais effet. Ils donnent le ton, la tendance, celle de la pureté, du beau et de l’avenir. À Orly tout doit concourir à réduire les pas, oublier les minutes jusqu’à l’embarquement, et rendre l’attente extraordinaire.
L’impact des aménagements intérieurs d’Orly est décisif en France. Il permet de populariser le mobilier international jusque-là réservé à une clientèle parisienne aisée, et de faire découvrir à un grand nombre de Français une nouvelle esthétique résolument fonctionnaliste et épurée.


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